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La première année de la guerre, il n’y a pas en France de politique générale de couverture du conflit par l’image. Pendant toute cette période, les prises de vues qui nous sont parvenues proviennent des armées étrangères ou sont dues à l’initiative de particuliers, de soldats mobilisés ou encore au travail des maisons d’actualités (Gaumont, Pathé, Éclair, Éclipse).

Au printemps 1915 sont créées la section photographique de l’armée (SPA) et la section cinématographique de l’armée (SCA), qui fusionnent en 1917 en section photographique et cinématographique de l’armée (SPCA). Y sont employés des opérateurs de prises de vues professionnels, mobilisés mais inaptes au combat.

Les opérateurs de la SPCA fonctionnent en binômes associant un photographe et un cinéaste. Ils partent en reportage sur ordre de mission. Sur le terrain ils sont encadrés par un officier de liaison qui oriente les prises de vues et coordonne les aspects logistiques.

Dans leur très grande majorité, les photographies produites par la SPCA sont en noir et blanc, l'usage de l'autochrome étant attesté à partir de 1915 mais restant ponctuel. En 1917, la SPCA s’associe avec Albert Kahn pour réaliser une importante série de reportages destinée à dresser « sur les principaux points du front français des clichés en couleurs » (Rapport d’inspection sur la SPCA, 20 mai 1918).
Les termes précis de l'accord ne sont pas connus, mais il est fort probable que le banquier ait financé et fourni le coûteux matériel spécifique à la prise de vues autochromes, l’armée prenant en charge les opérateurs et la logistique habituelle. Grâce à l'intervention d'Albert Kahn, près de 3000 autochromes ont ainsi été réalisées à l'occasion de cette campagne de 1917. Les prises de vues
étaient réalisées en plusieurs exemplaires, les Archives de la planète conservant la totalité de la production et la SPCA prélevant les doubles correspondant à ses besoins. Ces doubles sont aujourd’hui conservés à l'ECPAD et à la médiathèque de l'architecture et du patrimoine (MAP), deux institutions qui ont hérité des collections de la SPCA après sa dissolution.