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Dans le camp des vaincus comme dans celui des vainqueurs, pour la population qui subit une démobilisation lente dans un pays exsangue, la paix n’est pas synonyme de lendemains qui chantent. Deuils, traumatismes, ruines et pénuries sont au rendez-vous. 

albert kahn expo guerre 1 A023885

« Un canon sur la place avec des enfants », Saint-Mihiel, Meuse, 21 septembre 1920.
Autochrome de Georges Chevalier, inv. A 23 885.

albert kahn expo guerre 3 A017290

« Baraque Vilgrain, quai de Montebello », Paris, 16 juillet 1919.
Autochrome de Georges Chevalier, inv. A 17 290.

« Baraques Vilgrain », Paris, 28-29 mars 1919.
Lucien Le Saint, film négatif, réf. AI 100 162.

« Chantier sans charbon », Paris, 13 novembre 1919.
Camille Sauvageot, film négatif, réf. AI 100 192.

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« Prisonniers boches se rendant au travail à Souchez », Pas-de-Calais, 10 août 1919.
Camille Sauvageot, film négatif, réf. AI 58 637.

 

Queue pour les pommes de terre, Paris, 6 août 1918

À simplement observer les visages dans les deux films ci-dessus, difficile de déterminer qui sont les vainqueurs et qui sont les vaincus : le contraste est frappant, entre les regards hostiles des Parisiens victimes de la disette et l’expression guillerette des prisonniers allemands.
L’observateur ne doit cependant pas se laisser tromper, et resituer ces images dans le contexte de l’application du traité de Versailles. Obligée de verser aux vainqueurs des « réparations » (indemnités) dans des conditions jugées inapplicables, l’Allemagne a rapidement orchestré une campagne d’opinion pour dénoncer l’extrême dureté du traité. La France a riposté en diffusant des images comme celles des pénuries à Paris, destinées à justifier aux yeux du monde entier la nécessité de se redresser et donc, pour ce faire, de percevoir des réparations. Des images comme celles de Souchez avaient quant à elles pour but, d’une part, de modérer l’apitoiement de l’opinion internationale sur l’état du moral allemand, d’autre part de présenter la France comme un vainqueur noble et digne, veillant avec bienveillance sur ses prisonniers et sollicitant des réparations avec pragmatisme et impartialité, et non dans un esprit bassement revanchard.